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Parti Socialiste
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- 2026-06-22 “Décès d'Yves Lacoste : le parti socialiste salue la mémoire d'un intellectuel engagé et d'un grand géographe du monde contemporain — Le Parti socialiste a appris avec émotion le décès d'Yves Lacoste, géographe, fondateur de la revue Hérodote et figure majeure de la pensée française contemporaine.
Avec lui disparaît l'un des grands intellectuels qui auront profondément renouvelé notre manière de comprendre le monde. Son œuvre a marqué plusieurs générations de chercheurs, d'étudiants, d'enseignants, d'élus et de citoyens. Elle a contribué à replacer au cœur du débat public le rôle des territoires, des frontières, des ressources et des représentations dans les rapports de pouvoir qui façonnent l'histoire des peuples.
Par son livre devenu classique, La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre, Yves Lacoste a montré que la géographie n'était pas seulement une discipline scolaire ou académique. Elle est un instrument de compréhension du réel, un savoir indispensable pour analyser les conflits, les stratégies de puissance, les rivalités territoriales et les transformations du monde.
Mais Yves Lacoste fut aussi un intellectuel engagé. Très tôt, son expérience du Maghreb et ses travaux consacrés au Maroc puis à l'Algérie le conduisirent à porter un regard critique sur le système colonial. À une époque où cette position était loin de faire consensus, il s'opposa à la guerre d'Algérie et s'intéressa aux défis auxquels étaient confrontés les peuples engagés dans la conquête de leur indépendance.
Il fut également l'un des premiers géographes français à faire des pays du tiers-monde et de la question du sous-développement un objet central de recherche. Ses travaux ont contribué à mieux comprendre les mécanismes économiques, sociaux et territoriaux qui produisent et entretiennent les inégalités entre les nations. Cette attention portée aux rapports de domination, aux héritages de la colonisation et aux déséquilibres du développement mondial constitue l'un des fils conducteurs de son œuvre.
Son parcours rappelle que la connaissance n'est jamais totalement neutre. Comprendre les territoires, c'est aussi comprendre les rapports de force qui les traversent. Comprendre le monde, c'est permettre aux peuples de mieux maîtriser leur destin. Cette exigence intellectuelle et démocratique irrigue l'ensemble de son travail.
Alors que les tensions géopolitiques, les rivalités de puissance, les conflits armés et les fractures territoriales occupent à nouveau le devant de la scène internationale, l'héritage d'Yves Lacoste apparaît plus précieux que jamais. Bien avant beaucoup d'autres, il avait compris que la mondialisation n'effaçait ni les territoires, ni l'histoire, ni les rapports de force. Il nous rappelle que la compréhension du monde demeure une condition de la liberté des peuples et de la souveraineté démocratique.
Par son travail scientifique, par son engagement contre les aveuglements du colonialisme et par sa contribution décisive au renouvellement de la géographie et de la géopolitique françaises, Yves Lacoste laisse une œuvre considérable qui continuera d'éclairer celles et ceux qui cherchent à comprendre le monde pour mieux le transformer.
Le Parti socialiste adresse ses pensées à sa famille, à ses proches, à ses élèves ainsi qu'à l'ensemble de la communauté scientifique.”
- 2026-06-16 “Enfants de la Creuse : La réparation doit prolonger le travail de vérité engagé depuis plus de 10 ans — À l'occasion de l'examen au Sénat de la proposition de loi visant à réparer les préjudices causés aux « Enfants de la Creuse », le Parti socialiste réaffirme son soutien à toutes les démarches de vérité, de mémoire et de réparation envers les Réunionnaises et Réunionnais déplacés de force vers l'Hexagone entre 1962 et 1984.
Pendant trop longtemps, cette page douloureuse de notre histoire est demeurée ignorée. Des milliers d'enfants ont été arrachés à leur famille, à leur île et à leur histoire. Beaucoup ont connu le déracinement, la rupture des liens familiaux, la précarité, parfois les violences et l'exploitation. Cette blessure demeure vive pour les victimes et leurs proches.
Le Parti socialiste a pris sa part dans le travail de reconnaissance de cette histoire.
En 2014, grâce à l'engagement déterminé d'Ericka Bareigts, alors députée de La Réunion, l'Assemblée nationale adoptait une résolution historique reconnaissant que l'État avait « manqué à sa responsabilité morale » envers ces enfants. Pour la première fois, la représentation nationale regardait cette réalité en face et reconnaissait officiellement la faute commise.
Deux ans plus tard, le gouvernement installait la Commission nationale d'information et de recherche historique présidée par Philippe Vitale afin d'établir la vérité des faits, de documenter l'ampleur du phénomène et de formuler des propositions. Des mesures concrètes étaient également engagées pour accompagner les victimes : soutien psychologique, accompagnement juridique et aide au retour à La Réunion pour retrouver leurs familles et leurs racines.
Le rapport remis en 2018 a constitué une étape majeure dans la connaissance de cette histoire et dans la reconnaissance des traumatismes subis.
Sans la résolution portée par Ericka Bareigts en 2014, sans la commission de recherche créée en 2016 et sans le travail de vérité conduit depuis lors, le débat sur la réparation n'aurait sans doute jamais pu avoir lieu.
Aujourd'hui, une nouvelle étape doit être franchie.
La proposition de loi examinée par le Parlement vise à reconnaître les préjudices subis, à renforcer le travail mémoriel et à ouvrir un droit à réparation. Elle s'inscrit dans le prolongement direct du chemin de vérité engagé depuis plus d'une décennie.
Le Parti socialiste considère qu'aucune réparation ne pourra effacer les souffrances vécues. Mais une démocratie digne doit être capable de reconnaître les fautes commises en son nom, d'en transmettre la mémoire et d'accompagner celles et ceux qui en portent encore les conséquences.
La République grandit lorsqu'elle assume toute son histoire. Les Enfants de la Creuse ont longtemps attendu cette reconnaissance. Ils ont droit à la vérité. Ils ont droit à la mémoire. Ils ont droit à la justice.”